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Rapport sur les prix et la demande

Rapport sur les prix et la demande

Pour ceux d'entre vous qui naviguez dans l'industrie des céréales biologiques depuis un certain temps, vous savez que lorsqu'il s'agit d'obtenir des informations fiables sur les prix et la demande des céréales biologiques, il y a un manque flagrant de données précises. C'est la principale raison pour laquelle nous avons créé le Hub des Céréales Bio. Pour réussir dans n'importe quelle entreprise, vous avez besoin de données fiables. Dans cet article, nous avons interrogé des experts dans différentes régions du pays pour découvrir quels sont les principaux facteurs qui impactent notre secteur.


L’offre

Les deux principaux facteurs qui influencent l’offre de céréales bio au Canada et dans le monde sont, sont bien évidemment la météo et la superficie disponible


Facteur météo: sécheresse dans l’Ouest et pluie diluvienne dans l’Est   Lorsque nous parlons d'agriculture, la météo est toujours le facteur le plus important pour définir l'offre des produits. Alors que les producteurs se souviennent souvent en détail du temps qu’il faisait dans leur région en 1999, ils sont moins attentifs à la météo de nos principaux concurrents. Voyons comment la météo a influencé les récoltes en 2023.


Commençons par le Canada. Dans une grande partie du pays, si ce n'est la plus grande partie, les conditions météorologiques n'ont pas été propices à une production à haut rendement. Bien que l'automne précédent ait été bien arrosé et que la couverture neigeuse ait été satisfaisante dans la plupart des Prairies cet hiver, il y a eu peu de précipitations pendant et peu de temps après la période des semis.


Certaines des principales régions céréalières de l'Est de l'Ontario et du Québec ont été confrontées au problème inverse. Par exemple, les producteurs du Lac Saint-Jean, une importante région de culture de céréales biologiques au Québec, ont dû faire face à des pluies torrentielles qui ont inondé les champs nouvellement semés. En plus des fortes pluies, les producteurs de céréales du Québec ont également été affectés par les gelées de mai et la fumée des incendies qui ont bloqué les rayons du soleil pendant une grande partie de la saison de croissance.


La Saskatchewan, qui produit la majeure partie des céréales biologiques du Canada, a reçu un peu de pluie en juin, mais le déficit saisonnier en eau global a été significatif, en particulier dans le sud-ouest, créant des conditions que certains producteurs ont décrites comme pires que l'année de sécheresse de 2021. De grandes parties du centre et de l'ouest de l'Alberta ont également fait face à des niveaux de précipitations de 40% à 60 % en dessous des normales saisonnières.


Figure 1. Pourcentage de précipitations moyennes

Source : Gouvernement du Canada, téléchargé le 13 octobre 2023


Alors que certains agriculteurs du sud de la Saskatchewan regardaient leurs cultures se dessécher, d'autres étaient frappés par la grêle. Plus tard dans l'été, les sauterelles sont venues achever le reste des récoltes. Pour faire face à la situation, le gouvernement de la Saskatchewan a augmenté les paiements d'assurance-récolte pour les producteurs biologiques et, sans aucun doute, de nombreux agriculteurs en bénéficieront. Cependant, les primes plus élevées ont probablement fait en sorte que moins d'agriculteurs ont participé au programme en 2023 que les années précédentes.


Les conditions météo dans les régions de culture céréalière aux États-Unis étaient mitigées, avec une sécheresse sévère dans le sud et le centre des Grandes Plaines, et des précipitations et des températures presque idéales dans les plaines du nord et le nord-ouest du Pacifique. Ces conditions combinées ont permis de produire des récoltes de qualité et de volume assez décentes.


D'autres régions majeures de production de céréales biologiques comprennent l'Amérique du Sud et l'Europe. L'Argentine sort de trois années de sécheresse, dont la pire depuis 60 ans. Cela aura un impact considérable sur l'offre mondiale de maïs et de soja biologiques, mais également pour le blé qui est également cultivé dans la région.  Au cours des dernières années, des pays d'Europe de l'Est et d'Asie du Sud-Est (ex. l'Ukraine, la Russie, la Pologne, la Roumanie, l'Ouzbékistan, la Turquie, etc) sont devenus des acteurs internationaux majeurs dans la production de céréales biologiques. Le temps semble avoir été propice à la production de céréales dans la majeure partie de cette région, avec des récoltes meilleures qu'attendu en Turquie.


Superficie canadienne bio en perte de vitesse   Le deuxième facteur à considérer du côté de l'offre est la superficie en hectares de cultures biologiques. Selon de nouvelles données de 2022 de l'Association canadienne du commerce des produits biologiques (COTA), le Canada a perdu 250 000 acres de cultures biologiques depuis 2020. Le total de 2022 s'élevait à 1 352 891 acres.


Nous n'avons pas accès aux données provinciales, nous ne pouvons donc pas vous dire avec certitude où ces baisses ont eu lieu. Cependant, il y a un accord général selon lequel ces pertes d'acres de cultures céréalières biologiques canadiennes se trouvent principalement dans la région des Prairies de l'Ouest du Canada. Certains agriculteurs sont partis simplement parce qu'il était temps de prendre leur retraite, mais pour de nombreux producteurs biologiques luttant contre les éléments et les marchés, il devenait de plus en plus difficile de gagner leur vie.  Pour certains, la sécheresse, la grêle et les sauterelles de 2023 ont été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, et nous pensons que nous n'avons pas encore vu la fin de l'exode.


Il est difficile d'estimer les pertes en superficie, mais les experts nous disent que des régions comme le comté de McKenzie, dans le nord de l'Alberta, ont peut-être perdu jusqu'à 50 % de leur capacité de production. Il est probable que le reste des Prairies a perdu jusqu'à 15 % de la superficie en cultures biologiques, des pertes qui n'avaient pas été vues depuis la récession de 2008-2011.


La demande

Dans un scénario typique d'offre et de demande, la perte d'offre signifie généralement une demande accrue, et une demande accrue signifie des prix plus élevés. Cependant, dans ce cas-ci, nous devons examiner d'autres facteurs qui influencent la demande locale et mondiale, tels que les facteurs politiques et économiques. Facteurs que nous avons en abondance en ce moment.  En effet, Le monde est en tumulte, avec des guerres qui éclatent dans de nombreuses régions, tandis que les relations du Canada avec quelques-uns de ses principaux partenaires commerciaux biologiques se détériorent.


Au niveau économique, bien qu'ayant réussi à éviter une récession mondiale, l’économie est toujours en contraction. Cependant, nous avons survécu à la COVID-19 et avons en grande partie résolu nos problèmes de congestion dans le transport, avec la disponibilité et les tarifs des camions et de l'expédition approchant des niveaux pré-COVID. En fait, avec la pénurie de grains dans les Prairies, se sont les entreprises de transport elles-mêmes qui sollicitent activement les acheteurs de grains. La fermeture du port de Vancouver cet été en raison d'un conflit du travail a certainement créé quelques défis pour le transport des céréales.


Sur le front politique, la guerre en Ukraine ne peut être ignorée. L'Ukraine est un important producteur de céréales biologiques, notamment de blé, de tournesols, de lin et d'autres cultures (Consultez notre article dans ce numéro pour plus de détails sur l'impact du conflit en Ukraine sur le marché des grains bio)


La détérioration des relations du Canada avec la Chine et l'Inde aura sans aucun doute des répercussions continues sur le commerce avec ces deux pays. L'économie chinoise en contraction pourrait avoir un impact négatif sur le commerce de certains produits bio. Par exemple, en 2022, la Chine a importé 43 millions de dollars de céréales biologiques du Canada, soit 11 % de nos exportations totales de céréales biologiques cette année-là. Les trois principales importations qui représentent la majeure partie de cette somme comprennent les pois jaunes (31,6 millions de dollars), le soja (6,4 millions de dollars) et le blé rouge de printemps dur (3,3 millions de dollars). En juillet 2023, les exportations de céréales biologiques vers la Chine ont diminué de 14 %, passant de 13,8 à 11,8 millions de dollars par rapport au même mois en 2022. Consultez notre article ici dans ce numéro sur les exportations de céréales biologiques pour plus de détails.


Demande - les consommateurs Du côté de la demande, nous devons également examiner ce que font les consommateurs. En période de resserrement des ceintures, les premières choses à disparaître des paniers d’épicerie sont les produits de luxe. Pour certains consommateurs, les produits bio sont  perçus comme un luxe, ceux-ci sont les plus susceptibles de reconsidérer leurs achats bio lorsque leur facture d'épicerie atteint un niveau record.  D'un autre côté, si nous avons appris quelque chose des années de COVID, c'est que pour certains consommateurs le bio n’est pas considéré comme un luxe, mais plutôt comme le seul type de nourriture qu'ils veulent mettre dans leur panier.


Au milieu de ce climat morose, nous voulons rappeler à ceux d'entre vous qui restent engagés dans le système de production biologique et dans les valeurs importantes qui sous-tendent cette manière de produire de la nourriture pour le monde que ce n'est pas notre premier rodéo. Les prix et la demande des produits biologiques fluctuent, mais une chose reste constante : l'appétit des consommateurs pour les aliments biologiques demeure stable comme un roc. Au niveau mondial et au Canada, les achats de produits biologiques continuent d'augmenter. Depuis presque le début de la culture d'aliments sous un modèle biologique réglementé dans les années 2009, la demande des consommateurs a toujours dépassé la production. La seule fois où la demande des consommateurs a diminué a été pendant la dernière récession économique mondiale. Si le passé est garant de l’avenir, nous savons que si vous pouvez résister à cette tempête, le marché bio remontera.


Au niveau mondial, en 2021, le marché biologique mondial total valait 177 milliards de dollars. En 2022, le marché biologique des États-Unis a dépassé les 76 milliards de dollars, avec des ventes de pommes de terre, de céréales et de riz en hausse de 10 % par rapport à 2021, atteignant 489 millions de dollars. Les ventes canadiennes ont également augmenté la même année pour atteindre plus de 8 milliards de dollars, en hausse de 15 % depuis 2017, ce qui fait du Canada le 5e plus grand marché pour les produits biologiques dans le monde.


Analyse détaillée de la demande actuelle et prévue et des prix des céréales biologiques canadiennes


En général, présentement les prix des céréales biologiques sont “corrects”, sans être très élevés ou trop bas. Votre statut d'acheteur ou de vendeur de grains bio dictera si vous êtes en accord ou non avec cette affirmation. Toutefois, nous ne voyons pas de ruées des acheteurs. Le mouvement des céréales biologiques reste lent par rapport à la période de récolte des années précédentes, car les acheteurs attendent des signaux concernant la disponibilité et la qualité des céréales biologiques. De nombreux acheteurs ont fait des achats excessifs, parfois à des prix plus élevés dans les derniers mois/année. Cela les tiendra éloignés du marché pendant un certain temps, mais ils reviendront une fois qu'ils auront épuisé leurs stocks.


Ci-dessous, nous fournissons des détails sur certaines des céréales couramment cultivées sur des terres biologiques au Canada. Nous présenterons différentes cultures dans les numéros futurs.


Céréales fourragères 

Le prix des céréales fourragères canadiennes dépend en grande partie des prix américains du maïs jaune biologique et du soja. Au cours des cinq dernières années environ, les prix du maïs et du soja ont été relativement élevés, en grande partie en raison de l'importante industrie américaine de la volaille biologique.


Plus récemment, en raison du resserrement économique qui a poussé les consommateurs à réduire leur consommation de viande en combinaison avec des épidémies généralisées de grippe aviaire, les effectifs de volaille ont diminué, faisant baisser la demande et les prix des céréales fourragères. Un deuxième facteur est l'augmentation spectaculaire de la production de ces deux cultures aux États-Unis. En 2021, les États-Unis ont signalé 374 977 acres (45 millions de boisseaux) de maïs biologique, contre 319 953 acres (32,3 millions de boisseaux) en 2019 et 250 495 acres (9 millions de boisseaux) de soja, contre 170 074 acres (5,5 millions de boisseaux). En raison de cette dynamique du côté de l'offre, les prix récents du maïs (9 USD) et du soja (22 USD) sont en baisse par rapport aux prix de l'automne dernier, qui étaient de 11 USD et 22 USD respectivement.


Malgré l'augmentation importante de la production nationale, les États-Unis continuent d'importer de grandes quantités de maïs et de soja biologiques. En 2022, les États-Unis ont importé 684 038 tonnes métriques de soja biologique brut en provenance de tous les pays. Ils n'ont pas importé de farine de soja biologique. Au mois d'août 2023, 257 665 tonnes métriques de farine de soja biologique ont été importées, ainsi que 422 822 tonnes métriques de soja biologique brut.


En 2022, le Canada a exporté 27 319 tonnes métriques de soja biologique vers les États-Unis, soit seulement 8 % du total de leurs importations de soja cette année-là, mais cela représentait 38 % du total des exportations canadiennes de soja biologique. Cette part est passée à 4 % entre janvier et août de cette année.


Les importations de maïs biologique des États-Unis ont atteint leur pic en 2020, avec 425 108 tonnes métriques. Au mois d'août 2023, les importations de maïs biologique totalisaient 152 249 tonnes métriques. En 2022, le Canada était responsable du deuxième volume le plus élevé d'exportations de maïs biologique vers les États-Unis après la Roumanie, avec 61 254 tonnes métriques, soit 38 % du total des importations de maïs biologique aux États-Unis. Cette part est passée à 41 % des importations totales aux États-Unis (31 453 tonnes métriques) entre janvier et août de cette année. Cela représentait 90 % des exportations totales de maïs biologique du Canada cette année-là.


À l'heure actuelle, les prix médians du blé fourrager sont raisonnables, à 13 dollars par boisseau dans les Prairies. Cependant, nous pourrions observer une érosion des prix des céréales fourragères au fil de l'année, en raison des mauvaises récoltes attendues sur le marché prochainement, issues de régions telles que le sud-ouest de la Saskatchewan et le centre de l'Alberta


Lentils

La production de lentilles est plus concentrée que celle de presque toutes les autres cultures, avec une grande partie de l'offre produite en Saskatchewan, le principal producteur mondial. Malheureusement pour les amateurs de lentilles, bon nombre de ces producteurs se trouvent dans la partie sud-ouest de la province, la plus durement touchée par la sécheresse et les sauterelles. La récolte de lentilles conventionnelles a donné environ 15 % de moins cette année que la moyenne quinquennale. Étant donné qu'il n'existe aucun moyen efficace de lutter contre les sauterelles en production biologique, les performances seront sans aucun doute pires que celles de l’agriculture conventionnelle.


De plus, selon COTA, avant la récolte de 2023, les acres de lentilles biologiques canadiennes étaient déjà en déclin, avec 24 % moins d'acres semées en 2022 qu'en 2020 (40 582 acres en 2022 contre 53 120 acres en 2020). Ce qui vient ajouter au potentiel déclin de l’offre de lentilles aux pays.


Les États-Unis cultivent des lentilles biologiques sur moins de 2 000 acres, répartis sur seulement 15 exploitations. Autant que nous le sachions, il n'existe pas de réserve mondiale de secours aussi significative que celle de la Saskatchewan, bien que nous soyons au courant que la Turquie produit des lentilles biologiques et les vend à des acheteurs américains.


Cela signifie que si vous avez des lentilles, quel que soit le type, vous êtes assis sur une mine d'or. Les prix des lentilles biologiques de tous types ont commencé à augmenter, avec des rapports de 1,45 dollar la livre pour les lentilles vertes françaises et 1,25 $ pour les lentilles noires. Les lentilles rouges conventionnelles se négocient actuellement à environ 0,38 dollar la livre, ce qui représente une prime de plus de 300 %. Les prix continueront sans aucun doute d'augmenter si nos prévisions actuelles d'une récolte désastreuse se concrétisent.


Blé

Blé dur rouge de printemp  (Hard Red Spring)


Selon le récent rapport de COTA, le nombre total d'acres de blé biologique au Canada s'élevait à 311 162, en légère hausse par rapport à l'année précédente, mais en nette baisse de 31 % (de 139 104 acres ou 31 %) depuis 2020.


Jusqu'à présent, cet automne, les rapports provenant des Prairies canadiennes semblent indiquer que nous allons avoir une récolte de blé rouge dur de printemps nettement réduite. Bien que cette culture soit plus diversifiée sur le plan régional que les lentilles, la grande majorité de ce type de blé est cultivée en Saskatchewan, et une grande partie a été décimée par les sauterelles. Selon Dunling Wang, spécialiste de la production biologique de la Saskatchewan, les sauterelles adorent les cultures céréalières, et 2023 a été une année exceptionnelle pour elles, avec des chutes de neige hivernales importantes fournissant un abri parfait pour les œufs pondus à l'automne. Dunling prévoit que la pression des sauterelles sera élevée l'année prochaine également.


Contrairement au Canada, la récolte américaine de blé biologique a été décente cet automne, avec des rapports provenant du Dakota du Nord faisant état de rendements supérieurs à la moyenne et d'une teneur en protéines avoisinant 14%. Les États-Unis  cultive 376 682 acres (soit 12,2 millions de boisseaux) de blé de tous types, dont environ 126 189 acres de blé de printemps et 241 452 acres de blé d'hiver. La taille et la qualité de la récolte américaine ont un impact sur la demande de blé canadien. La majeure partie de la récolte de blé rouge dur de printemps des États-Unis est cultivée dans quelques États du nord du Midwest et de l'ouest.


L'approvisionnement des États-Unis est important car, avant la récolte de 2023, les États-Unis étaient le plus grand acheteur mondial de blé rouge dur de printemps canadien.À la fin de 2022, les États-Unis avait acheté 9,1 millions de dollars de blé biologique canadien, représentant 34 % des exportations mondiales de blé biologique d'une valeur de 26,8 millions de dollars cette année-là. En juillet 2023, un peu plus de la moitié de l'année écoulée, les exportations vers les États-Unis ont dépassé la valeur de l'ensemble de l'année 2022 pour atteindre 11,9 millions de dollars, soit un impressionnant 67 % des exportations mondiales totales de 17,7 millions de dollars. Nous devrons attendre pour voir si les importations de blé en provenance du Canada aux États-Unis diminuent en raison d'une augmentation de l'offre intérieure de blé biologique.


La perte d'une part importante des exportations de céréales biologiques en provenance d'Ukraine et de Russie a également un impact indéniable sur la demande mondiale de produits biologiques. En 2022, ces deux pays étaient responsables de 30 % des exportations mondiales de blé. La plupart des récoltes de cette région étaient envoyées en Europe. Bien que certaines de ces cultures parviennent encore en Europe, la guerre et les embargos sur le transport ont un impact sur le volume, et il est incertain de savoir comment l'Europe compensera le déficit en blé et autres cultures biologiques. Cela pourrait représenter une opportunité pour accroître les exportations de blé canadien vers l'Europe.


Les prix du blé rouge dur de printemps biologique sont actuellement très raisonnables et devraient augmenter en raison des pénuries dans les Prairies canadiennes. Les pays du monde entier, même ceux produisant leur propre blé, dépendent du blé rouge dur de printemps des Prairies canadiennes dans leurs mélanges de farine pour améliorer les propriétés de cuisson du pain et d'autres produits de boulangerie. Les meuniers dans l'est du Canada comptent également sur le blé rouge dur de printemps des Prairies pour leurs mélanges de farine, les combinant souvent avec des blés d'hiver de l'est pour obtenir les niveaux de protéines et les caractéristiques de cuisson qu'ils désirent.


Blé dur

Le blé dur est principalement utilisé pour les pâtes, le couscous et le boulgour, bien qu'il ait également des applications dans l'industrie de la boulangerie. Le Canada est le plus grand producteur de blé dur au monde. Le blé dur biologique est cultivé sur environ 22 000 acres dans l'ouest du Canada, avec environ 77 % de cette culture produite en Saskatchewan. En 2021, les États-Unis ont cultivé du blé dur biologique sur 9 041 acres répartis sur 44 exploitations, pour une production d'environ 242 000 boisseaux. En 2019, le même nombre d'exploitations cultivait 11 076 acres de blé dur biologique, produisant 565 562 boisseaux de récolte.


Malheureusement, comme nous l'avons mentionné dans nos commentaires précédents sur les lentilles et le blé rouge dur de printemps, la plupart du blé dur est cultivé en Saskatchewan, bien que l’Alberta cultive également du blé dur biologique. Étant donné que les deux régions ont été touchées par la sécheresse et d'autres catastrophes naturelles, nous prévoyons une baisse de la production, peut-être jusqu'à 20 %, tandis que les estimations suggèrent que la production aux États-Unis sera également en baisse, peut-être jusqu'à 10%.


Récemment, un acheteur de grains biologiques a suggéré qu'il y a une baisse de la demande de blé dur biologique de la part des meuniers nord-américains en raison de son prix élevé (www.organicgrainhub.com) - le prix médian se situant juste en dessous de 28 $ le boisseau. Cela aurait conduit certains moulins nord-américains à cesser de moudre du blé dur biologique. Cette théorie est corroborée par les données d'importation des États-Unis. Les États-Unis sont le deuxième plus grand marché du Canada pour le blé dur biologique, représentant 40 % de nos exportations totales de blé dur en 2022 et 34 % en 2023. Les importations de blé dur biologique aux États-Unis diminuent depuis 2020, où 42 740 tonnes métriques ont été importées. En 2022, les importations étaient tombées à 4 697 tonnes métriques, dont 99 % provenaient du Canada. À partir d'août 2023, les importations américaines ont légèrement augmenté pour atteindre 6 963 tonnes métriques, toutes en provenance du Canada.


Ce déclin du blé dur biologique pourrait être limité à l'Amérique du Nord. Dans certains pays européens, comme l'Italie, les normes réglementaires exigent que les pâtes soient fabriquées à partir de semoule de blé dur à 100 %. Au niveau mondial, les exportations du Canada augmentent. En juillet, la valeur totale des exportations de blé dur biologique a dépassé celle de l'année précédente de 8 %. Quarante-trois pour cent des exportations biologiques de 2022 sont allées en Belgique (5,7 millions de dollars) et jusqu'à présent, 44 % des exportations de 2023 sont également allées en Belgique (6,5 millions de dollars). Étant donné que l'Europe importe actuellement une grande partie de son blé dur biologique soit du Canada, soit de régions d'Europe de l'Est impliquées dans la guerre en Ukraine, la demande européenne pour le blé dur canadien augmentera sans aucun doute en 2024.


Autres types de blé

Selon au moins un acheteur, il existe actuellement une demande pour l'épeautre et le Khorasan biologiques (le nom commercial est "kamut"). Les exportations canadiennes dans la catégorie "autres blés", qui est une catégorie générale pour tous les blés qui ne sont ni du blé rouge dur de printemps ni du blé dur, ont diminué en 2023 par rapport à 2022. De janvier à juillet, la valeur des exportations dans cette catégorie était de 2,8 millions de dollars, contre 10,7 millions pour toute l'année 2022. Cependant, 2022 semble être une aberration, avec un précédent pic de trois ans à 2 millions de dollars en 2020. Quatre-vingt-dix-huit pour cent des exportations de 2022 sont allées aux États-Unis, la plupart du reste étant destinée à l'Italie.


Compte tenu de ces faibles chiffres d'exportation, il semble très probable que le blé biologique de cette catégorie soit largement consommé sur le marché intérieur. Le Canada dispose d'un secteur de moulins à farine de blé sain avec au moins trois grands moulins et de nombreux plus petits se concentrant sur la mouture de blés biologiques spécialisés.


Pois

Le marché des pois jaunes biologiques était en léthargie depuis un certain temps, mais selon les rapports des acheteurs biologiques, il semble reprendre vie maintenant. Les raisons clés de ce déclin semblent être le désintérêt croissant pour les aliments d'origine végétale, dans lesquels les pois jaunes représentent l'ingrédient le plus utilisé, ainsi que les tensions politiques entre le Canada et la Chine.


Malgré un battage médiatique considérable, aucune des entreprises nord-américaines d'extraction de protéines de pois n'est devenue un acheteur sérieux de pois jaunes biologiques, bien que plusieurs continuent d'acheter un faible volume d'ingrédients à base de pois. Les volumes utilisés par ces fractionneurs de pois sont insignifiants par rapport aux exportations vers la Chine, qui possède la plus grande concentration mondiale de fractionneurs de pois. En 2021 et 2022, les exportations canadiennes de pois jaunes biologiques vers la Chine se sont élevées à 30 et 31 millions de dollars respectivement.  En 2023, les volumes d'exportation ont ralenti, avec seulement 40 % de la valeur totale de 2022 à la fin de juillet. Les pois jaunes représentent 77 % des exportations biologiques totales du Canada vers la Chine, ainsi que 77 % des exportations mondiales de pois jaunes biologiques.


Les acheteurs de pois biologiques estiment que le Canada n'a pas un excédent significatif de pois jaunes biologiques stockés et que cette marchandise continuera à être demandée dans les mois à venir.


Lin

Pendant de nombreuses années, le lin brun a eu le prix le plus stable parmi tous les grains biologiques, aux alentours de 34 dollars le boisseau. Le prix du lin doré a toujours été plus instable en raison d'un volume total plus réduit. L'année dernière, quelque chose a changé, perturbant cet équilibre. Les prix ont grimpé en flèche pour ensuite se stabiliser en dessous de 34 dollars. Maintenant, à la fois les prix et la demande sont en augmentation. Les prix récents recueillis par Organicgrainhub.com montrent un prix médian de 49 dollars, avec une fourchette allant de 41 à 60 dollars le boisseau.


En 2022, selon COTA, la superficie du lin biologique était de 52 254 acres, en baisse par rapport aux 64 438 acres en 2020 (soit une baisse de 12 184 acres, ou 19 %). Même si personne ne sait vraiment, il y a un sentiment général que la récolte de lin biologique des Prairies canadiennes est très faible cette année. Les acheteurs semblent incertains quant à la fixation de leurs prix. S'il s'avère que la récolte est aussi rare que nous le pensons, il ne fait aucun doute que les prix augmenteront dans les mois à venir.







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