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Exportation De Grains Biologiques Canadiens

Ce deuxième article dédié aux marchés d'exportation confirme les indications faisant état d'un possible ralentissement des exportations survenu en 2023, en comparant les données d'exportation de cette année avec celles de 2022. Il se penche également sur les marchés d'exportation de grains qui n'ont pas été traités dans notre première édition de l'infolettre, à savoir : l'orge, l'avoine et le maïs.


Comparaison 2022-2023

Nos récentes observations des marchés des grains biologiques révèlent une décélération de certaines exportations. Les informations recueillies à la fin de l'automne auprès de certains acheteurs signalent également un mouvement inférieur à ceux de 2023.


Une partie de la baisse des exportations en 2023 peut être attribuée à une réduction du nombre de producteurs biologiques dans la région des Prairies plutôt qu'à une perte de marchés en tant que telle. De plus, les marchés biologiques du monde entier sont actuellement perturbés par les effets résiduels de la pandémie de COVID-19 (voir cet [article](https://www.notion.so/dfdd414820524a1896759ef4c118d865?pvs=21) pour plus d'informations). La diminution de certaines exportations peut également être attribuée à une augmentation de la demande des transformateurs canadiens de grains biologiques.


Bien que nous ayons actuellement des données pour 2023 seulement de janvier à octobre, nous souhaitions vérifier cette hypothèse et voir comment les exportations de grains biologiques de 2023 se comparent à celles de 2022. Pour ce faire, nous avons calculé une moyenne mensuelle des exportations en valeur et en volume par culture pour 2022 (12 mois de données) et pour 2023 (9 mois de données). Le graphique 1 ci-dessous présente les 13 cultures suivies par le gouvernement canadien via les codes harmonisés.


Les résultats pourraient apporter quelques nuances à la conversation. En 2023, le volume et la valeur ont diminué pour 8 des 13 cultures suivies par rapport à 2022, tandis que 5 cultures ont connu une augmentation. Dans l'ensemble, les augmentations du volume et de la valeur de certaines cultures n'ont pas compensé le déclin des autres : nous avons un déficit commercial moyen mensuel pour les céréales, les oléagineux et les légumineuses biologiques de 430 657 $ en valeur et de 1 080 en volume (MT) de 2022 à 2023.







Nous avons observé des baisses de volume d'exportation pour le soja de 8% et de 16% pour le maïs par rapport à 2022. Lors de la "journée des marchés" de l'Association des producteurs de grains biologiques du Québec, de nombreux acheteurs de soja nous ont dit qu'ils n'étaient pas prêts à s'engager dans des contrats pour la saison 2024 et pourraient ne pas l'être avant le printemps (fin mars) en raison de l'état actuel du marché d'exportation pour le soja destiné à la consommation humaine. Actuellement, les acheteurs de soja dans l'est ont encore un inventaire de soja de qualité alimentaire de 2022/2023 qu'ils essaient de liquider avant de contracter pour les récoltes 2024. Selon eux, le marché du soya pour l’alimentation animale est stable : certains négociants en grains du Québec achètent en ce moment. En ce qui concerne le maïs, ils ont déclaré qu'il y a peu ou pas de mouvement pour la qualité alimentaire dans l'est en ce moment.


e volume d'exportation de lentilles biologiques, qu'elles soient vertes/françaises, rouges ou d'autres types, a également diminué en 2023 (environ -20% du volume mensuel moyen en 2023 par rapport à l'année dernière). Tel que mentionné dans notre article de novembre dernier (lien), la sécheresse de cette année et l'invasion de sauterelles ont affecté la qualité et la quantité de la récolte de lentille dans les Prairies. Il y a donc un manque à gagner au niveau de l'inventaire de lentille au Canada, le déclin des exportations pourrait donc se poursuivre jusqu'aux récoltes de 2024. En ce qui concerne les pois (catégorie autre que jaune), nous avons observé une baisse de 45% en volume et de 29% en valeur des exportations.


En 2023, nous avons observé un mouvement positif pour les cultures suivantes : blé dur rouge de printemps, avoine, blé dur, lin et orge.


Pour le blé dur rouge de printemps, au cours des 9 premiers mois de 2023, nous avons vendu 86% du volume de 2022. Si l'on regarde la moyenne mensuelle, nous avons vendu 14% de plus en volume en 2023 par rapport à 2022. Le blé dur a vu ses exportations mensuelles moyennes augmenter de 76% en valeur et doubler en volume au cours de la dernière année.


Pour l'avoine, nous avons exporté plus en valeur au cours des 9 premiers mois de 2023 que pendant toute l'année 2022. Cependant, en volume, nous avons exporté 75% de la quantité de 2022. Cela signifie que nous pourrions nous attendre à un volume d'exportation similaire en 2022 et 2023, mais la valeur sera plus élevée en raison d'une légère augmentation des prix.


Cultures spécialisées : Le lin et l'orge ont tous deux connu une augmentation importante en 2023. Les volumes mensuels moyens et la valeur sont de 71% pour l'orge en 2023. En ce qui concerne le lin, les exportations atteignent un niveau record depuis 5 ans. Elles ont augmenté de 217% en valeur au cours des 9 premiers mois de 2023 par rapport à 2022, et le volume a plus que doublé pendant la même période.


Dans la prochaine section de cet article, nous examinerons le profil d'exportation de 3 cultures qui n'ont pas été traitées dans notre premier bulletin d'information (voir l'article précédent détaillant des informations sur le blé, les lentilles, le lin et le soja ici).


Profil d’exportation de l’orge

La principale destination des exportations d'orge biologique du Canada est les États-Unis, représentant 94% de la valeur totale des exportations de janvier à octobre 2023. La Chine et le Japon suivent respectivement avec 5% et 2% (en valeur). L'examen du marché américain révèle que le Canada était le principal exportateur d'orge vers les États-Unis en 2022 (99,9% du volume importé) et en 2023 (97% du volume importé). Les principaux concurrents des exportations canadiennes étaient la Chine en 2022 (moins de 0,1%) et la Nouvelle-Zélande (3%) en 2023 (source : rapport trimestriel de l'USDA).




La Saskatchewan et l'Alberta sont en tête de ce marché d'exportation relativement petit, ayant toutes deux augmenté le volume de leurs exportations de 25% (SK) et 30% (AB) en 2023. On observe une baisse du volume exporté au Québec (-28%) en 2023 et dans une moindre mesure en Colombie-Britannique (-2%).


Profil d’exportation de l’avoine

La principale destination d’avoine biologique canadienne est les États-Unis. Le deuxième marché le plus important, la Corée du Sud, a augmenté sa part d'exportation globale de 2% en 2022 à 16% en 2023 (janvier-octobre).


La valeur des exportations d’avoine biologique vers le Japon au cours de la dernière année a quadruplé par rapport à 2022. Le Japon a considérablement augmenté sa part de marché entre 2022 et 2023 en passant 2% à 12%  de la valeur du marché (valeur du marché en 2023 (Jan-Oct) était de de 2,645 M$). Cet augmentation de part de marché est quand même loin du pic des exportations d'avoine biologique dans ce pays au cours des 5 dernières années établi en 2020, lorsque les exportations ont atteint 3,6 M$.



Jusqu'à présent, les États-Unis ont importé moins d'avoine qu'en 2022 ; au cours des 9 premiers mois de 2023, ils n'ont importé que 50% du volume importé en 2022. Cela étant dit, le volume moyen d'avoine biologique canadienne exporté annuellement vers les États-Unis était de 26 896 MT entre 2018 et 2022, donc avec 49 299 MT, l'année 2022 a été exceptionnelle.


En 2023, le Canada reste le principal importateur d'avoine biologique dans ce pays. En appliquant le même volume moyen mensuel d'avoine biologique que nous avons déjà exporté pour le reste de l'année, nous pouvons estimer que la quantité destinée aux États-Unis en 2023 sera d'environ 37 000 MT. Les importations du Canada ont été suivies par la Suède et l'Italie en 2023,  qui représentent respectivement 25% et 1% des valeurs d'importation.


Profil d’exportation du maïs

Plus de 99% de nos exportations  de maïs biologique vont aux Etats-Unis, principalement pour l’alimentation animale. En 2023, moins de 1%  a été exporté aux Pays-Bas et à Hong Kong. Le Québec et l'Ontario dominent ce marché d'exportation. Bien que l'on puisse s'attendre à ce que le Québec exporte la même quantité en 2023 qu'en 2022 sur la base des informations que nous avons dans le tableau ci-bas, on ne peut pas en dire autant en Ontario où, au cours des 9 premiers mois de 2023, ils ont exporté seulement 40% du volume de 2022.





En examinant les données du T3 de 2023 dans le tableau ci-haut, il semble que les États-Unis ait importé une quantité de maïs bio similaire, voire légèrement supérieure, à l'année précédente. Cependant, des changements notables d'origine de ces exportations ont eu lieu. L'Argentine, principal importateur en 2022, occupe désormais le 3e rang, tandis que la Turquie, absente de la scène d'exportation de maïs vers les États-Unis en 2022, occupe une position importante. En 2023, le Canada et l'Argentine ont connu un déclin des exportations en faveur de la Turquie.


Conclusion

En résumé, le marché d'exportation de grains biologiques canadiens reflète un ralentissement signalé par les acheteurs à la fin de 2023 et au début de 2024. En analysant les données de janvier à octobre 2023 par rapport à la même période en 2022, le marché montre une tendance à la baisse pour l'exportation de certaines cultures. Malgré ces défis, le blé dur rouge de printemps, le blé dur (durum), l'avoine, le lin et l'orge affichent une croissance positive, le lin atteignant des records historiques.


Pour plus d'informations sur les cultures non incluses dans ce rapport, vous pouvez lire notre analyse de novembre 2023 ici.


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